28 novembre 2008
Gary Larson
Gary Larson est un auteur de BD américain né en 1950, maître du dessin absurde. BD n'est pas le terme exact, il est "cartoonist" et dessine la plupart du temps des planches à histoire unique : un dessin et une légende. Les deux sont d'ailleurs souvent en décalage.
Ces personnages fétiches sont des animaux : beaucoup de vaches, des poulets, des amibes, quelques humains, des professeurs, des hommes préhistoriques, des extra-terrestres, des monstres... Ses dessins, drôles et cyniques, représentent souvent des catastrophes dues à la bêtise de ses personnages, ou des situations classiques avec des personnages qui le sont beaucoup moins (la famille Alien réunie pour le repas de Noël, un des bébés alien sort sa tête de la dinde. "voyons, on t'a déjà dit de ne pas jouer avec la nourriture !").
Un de mes strips préférés représente des professeurs assistant à une conférence. Tous ont un canard sur la tête, sauf un... "soudain, le professeur Truc se rendit compte avec effroi qu'il avait oublié son canard à la maison".
Un autre exemple de légende : Dernière page du concours de médecine : question bonus (50 points) comment s'appelle ce truc qui pend au fond de notre gorge ?

On lui doit entre autres inventions le terme luposlipophobie
: la peur (phobia) d'être poursuivi par des loups (lupo) sur un parquet
de cuisine qui vient d'être ciré (et donc rendu glissant : slipo, du
verbe anglais to slip).Grâce au docteur Dale H. Clayton de l'université de Chicago, qui
précise ne pas travailler sur les insectes mignons, une nouvelle espèce
de pou a été nommée Strigiphilus Garilarsoni.
Gary Larson a trouvé cette disctinction très flatteuse : "de toute façon, je ne pouvais pas m’attendre à ce qu’on donne mon nom à une nouvelle espèce de cygne."

Il est l'auteur d'une série appelée "The far side", l'essentiel de son oeuvre. Si vous ne l'avez pas encore, je vous conseille de le suggérer pour Noël. Et comme pour les Monty Pythons et si vous êtes anglophones, en VO
18 août 2008
Le Maître et Marguerite
Je ne sais pas trop comment aborder la présentation de cette histoire, mais comme ça fait plusieurs fois que j’en parle récemment et que ça reste un de mes bouquins cultes, il fallait bien que je me jette à l’eau, donc voilà.
Cette histoire, d’abord, c’est celle du magicien Woland et de ses acolytes, ou sa troupe si on veut. Il se présente comme magicien spécialiste de la magie noire, mais ses spectacles de magie sont… hmmmm… particuliers… Il faut dire aussi que Woland n’est qu’un pseudonyme sous lequel se cache le diable, et que s’il maitrise bien le sujet de la magie, il a un humour en décalage avec celui de son public moscovite. Lui et sa troupe vont se donner un malin plaisir à semer la zizanie dans le Moscou terne et gris de la dictature Stalinienne et y insuffler le grain de folie qui y manquait pour les amuser.
Cette histoire c’est aussi celle de Marguerite, après tout son nom figure dans le titre contrairement à celui du diable. Elle est jeune, belle, intelligente, et mariée à un homme également jeune, beau, riche, tendre et aimant. On s’attendrait à ce qu’elle soit heureuse, mais non. Elle aime le Maître, un obscur écrivain qui a disparu de la circulation après avoir essuyé des critiques plus que sévères sur un ouvrage qu’il avait commencé : une revisite de la fin de Jésus et sur les rapports qu’il entretenait avec Ponce Pilate.
Et justement, cette histoire c’est aussi le roman du Maître, c’est la rencontre entre un Ponce Pilate qui doute, qui déteste Jérusalem, et qui va tomber sous le charme de ce singulier prisonnier qu’on lui amène : Yeshoua. Poussé par le peuple, il va devoir annoncer à contre cœur son exécution, alors qu’il voulait le garder près de lui.
Vous devez commencer à vous demander comment il est possible de jongler entre toutes ces histoires sans s’y perdre. C’est un peu confus au début, mais tout se recoupe très bien, et donne un mélange très dynamique et assez jouissif quand on suit les débordements successifs de la petite troupe du Diable et le renversement des valeurs morales de Marguerite et du Maître. Car on est pris d’élans irrésistibles de sympathie pour cette bande de vauriens qui sème pourtant la mort, la destruction et la folie derrière elle, mais toujours avec humour et originalité. Je m’étais promis après la lecture de ce livre que si j’avais jamais un chat noir je l’appellerais Béhémot en hommage à celui de l’histoire. Et je ne le dis pas trop fort parce que c’est un truc de filles, mais c’est aussi quelque part une belle histoire d’amûûr.
Ce livre, écrit sous le stalinisme et largement censuré à l’époque de l’auteur, dénonce les absurdités du système, l’engoncement des gens dans une société sans rêves, aux valeurs morales strictes et absconses. Mais si ce livre est critique, il n’est jamais lourd dans sa forme. Les premières fois que je l’ai lu, vers les 13-14 ans, je n’avais qu’une idée très vague du contexte, et je m’étais juste laissé porter par l’histoire. Ce n’est que lors de lectures plus tardives, tandis que mes connaissances en matière d’histoire me permettaient de mieux l’appréhender, que j’ai mieux saisi les implications de ce livre et les raisons de sa censure. Je le recommande donc autant aux gens qui veulent passer un bon moment de détente qu’à ceux qui voudraient lire une version plus moderne de Faust.
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Si une fois que vous l’avez lu vous voulez en savoir plus sur le contexte, les choix de l’auteur, ou que vous voulez une fiche de lecture, vous pouvez jeter un œil sur l’excellent site qui est dédié au livre.
21 juillet 2008
Roald Dahl
En 1990 je faisais face pour la première fois à la mort, je
n’oserais pas dire d’un proche, mais d’une figure tutélaire de mon
enfance, d’une icône qui m’avait bercé de nombreux soirs et avait
accompagné mes après midi oiseux. En 1990, mourrait Roald Dahl.
Je me suis alors pris à regretter de ne pas avoir pensé à lui écrire de
son vivant. Je crois que c’est la seule personne dont je me sois jamais
dit que j’aurais du lui envoyer une lettre pour lui crier mon
admiration. Je ne pensais pas au fait que je n’avais pas son adresse ou
qu’il ne lisait pas forcément le français, c’était une sorte de père
noël pour moi : tout le monde devait savoir qui il était et où lui
envoyer le courrier, il devait avoir une armée d’Oompa-Loompa pour lui
traduire les fan-mails en provenance du monde entier.
Mais non, je n’ai jamais pu lui raconter les journées passées en
compagnie de Charlie, Danny, Matilda, Georges et tant d’autres à subir
la violence du monde des adultes et à trouver toujours des moyens
astucieux et magiques de la contourner. Je n’ai pas pu lui dire combien
j’étais heureux qu’il prenne enfin les enfants au sérieux et leur offre
une véritable littérature et non la bouillie indigeste de bons
sentiments de la comtesse de Ségur et des autres auteurs pour la
jeunesse qui sévissaient avant Lui.
Car il faut le dire, il ne se moquait pas de nous : les enfants avaient
des vraies réactions d’enfants dans lesquelles on pouvait se
reconnaître, et un certain héroïsme à leur manière mais jamais romancé
à outrance, toujours dicté par les circonstances. Les méchants, quand
il y en avait, étaient souvent très bêtes et très méchants, mais on le
lui pardonne car ceux qui étaient moins bêtes étaient d’autant plus
terribles.
Les décors de ses histoires sont souvent un peu surréalistes ; dans ses
mondes les géants n’hésitent pas à venir jusque dans les rues de
Londres manger des enfants endormis, des génies du chocolat peuvent se
barricader dans leur usine pour produire des bonbons dépassant
l’imagination, des girafes ont le cou qui s’allonge à volonté, des
pêches géantes se baladent dans la nature, et des grands-mères un peu
sorcières s’y étirent inconsidérément.
Du coup les dangers sont nombreux : se faire manger par des géants,
attaquer par la fameuse grand-mère, transformer en souris par des
sorcières ou attraper par les cheveux et lancer à travers la cour de
récréation par une directrice d’école qui fut une ancienne championne
olympique du lancer de marteau sont des risques courants. Heureusement
que ses héros sont toujours bien épaulés et ne sont pas à cours d’idées
pour s’en sortir.
Roald Dahl c'est aussi une certaine irrévérence ; ses héros aiment se
baigner dans le cambouis, ou bien n'ont pas honte de "pétiller", ce qui
est bien moins vulgaire que si les bulles sortaient de l'autre coté. Il
nous apprend notamment que le respect est une chose qui se gagne, et
absolument pas un dû comme on tentait de nous le faire croire avant.
Bref, Roald Dahl c’est l’auteur qui le premier m’a fait découvrir
l’humour grinçant, qui m’a prouvé que la noirceur pouvait prêter à
rire, mais c’est aussi le poète un peu magicien qui était capable
d’imaginer des mots comme frambouille et schnockombre, et de charmer
toujours le lecteur en l’emmenant là où il n’aurait jamais pensé à
aller. Il est toujours trop tard pour que j’écrive cette lettre, mais
je compense en lisant d’autant plus ses livres.
A ce propos, quelques choix de lecture cités (peut-être) dans l'article :
- Charlie et la chocolaterie
- Le bon gros géant
- Matilda
- Sacrées sorcières
- Les deux gredins
- Tous ses autres bouquins.
29 septembre 2007
La fée envoutante
Un extrait d'Orages, un très beau livre de Khalil Gibran, qui est aussi l'auteur du prophète :
"Je recouvre ma liberté. Voudras-tu de moi en homme libre ?
Je redéploie mes ailes. Me prendras-tu si, comme l'aigle, je vole entre les sommets ?
Sauras-tu te contenter d'un homme qui prend l'amour en compagnon et le refuse en maître ?
Seras-tu satisfaite d'un coeur qui s'embrase sans jamais fondre ?
Me prendras-tu en amoureux insoumis qui te veut insoumise ?
Si oui, tiens ma main, prends-la dans les tiennes,
Voilà mon corps, enlace-le dans tes bras magnifiques,
Et sur ma bouche dépose un long baiser profond."
31 août 2007
Gabriel
Comme vous l'avez peut-être deviné, j'ai une passion toute neuve pour Gabriel Lecouvreur. Mon petit coeur d'artichaut est sous le charme de cet individu exceptionnel et parfait, parce que littéraire. Le genre de gars que si ça se trouve, je ne verrai même pas dans la rue. N'empêche, Gabriel m'embarque toujours, au point que je me suis trouvée fort marrie lorsque je n'ai plus eu de Poulpe à lire.
A Nantes, j'avais autour de moi d'autres amateurs, notamment l'ami Fred (que je ne remercierai jamais assez de m'avoir présenté le Monsieur, avec Fabio Montale en prime, on a pris un pot, c'était super), Christophe et Claire (chez qui j'ai lu tous les exemplaires qu'elle possède, hop, 90 minutes, un autre !). J'ai aussi eu la bonne surprise d'en trouver dans la toute petite bibliothèque d'une auberge de jeunesse qui se trouvait sur ma route. Mais depuis, plus rien...
J'ai fait quatre librairies différentes. Oui, quatre, dans divers coins du territoire (j'ai bien failli demander en Espagne mais existait le risque que les livres soient en espagnol). De la petite librairie de quartier ("vous savez, mademoiselle, il y a d'autres policiers", merci Ducon) à la grande de supermarché ("comment vous dites ? Poulpe ? Quel auteur ?" "Ben, justement, y'en a plein...") et même à la FNAC ("non, on a rien." "Bon... J'aurais bien lu du Vialatte, sinon." "On n'a pas non plus." "...").
Le Poulpe, on doit pouvoir le trouver dans deux éditions : Librio, pas cher et Baleine, très joli. J'ai entendu les pires rumeurs : la Baleine n'édite plus, finito ; la Baleine est morte ; la Baleine est en liquidation (y'a pas des soldes ?).
Au détour de mes recherches, je tombe sur un site très poulpien qui parle tellement du Poulpe qu'il met même en ligne un DEA fait sur le sujet ! (Le Poulpe, une tentative de décryptage du réel).
Et puis je vais voir sur amazon, on ne sait jamais. C'est plus près de chez moi que les bouquinistes niçois que je ne connais pas. Alors, ben oui, y'en a plein. Tout plein. J'en ai commandé 8. Oui, je me suis limitée, quand même...
05 août 2007
Histoires d'A.
Monsieur Luis Sepulveda, ce vieux qui commence son roman d'amour par "Le ciel était une panse d'âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes." a aussi écrit d'autres bouquins. Je suis en train de lire Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre, une succession de nouvelles traitant de rencontres manquées ou ayant eu lieu, avec des êtres ou avec des choses. Pas gaies en général mais toujours belles... J'en retiens pour l'instant une phrase, au tout début du livre :
"L'alchimie du bonheur dépend d'un juste dosage des oublis."
06 juillet 2007
Histoires de poussins et autres nimportequoisetés
Connaissez-vous Blaise, le poussin masqué ? Lorqu'un poussin a envie de faire une blague, il met le masque de Blaise et il devient Blaise. "Le fond du dedans de l'intérieur d'un poussin" est très différent d'un poussin à un autre. Les poussins naissent mais ne peuvent mourir, sortent de leur coquille quand ils en ont marre d'être enfermés et peuvent traverser les livres : ils sont partout !
Claude Ponti est un auteur de livres pour enfants et le papa de ces joyeux poussins fous. J'ai eu le plaisir de lire l'histoire du château d'Anne Hiversère à mon neveu... Un vrai bonheur !
Il y a aussi l'île des Zertes, "une île avec de l'océan autour et du ciel par-dessus", dans laquelle on découvre Jules, un Zerte fou amoureux d'une brique, qui passe son temps à éviter le Martabaff...
C'est très drôle, complètement barré, eggcétéra.
13 avril 2007
Les racines du mal
Je viens de lire ce bouquin. Dévoré est le terme exact. Un livre tellement prenant qu'il faut savoir très vite quelle est la suite et aussi qu'il faut très vite finir afin de passer à autre chose. Le genre de livre qui lui même dévore, en fait. Une grosse claque dans ma gueule...
Maurice Dantec est un écrivain français, né à Grenoble en 1959. Il a écrit quelques romans de fiction, à la limite entre science-fiction et polar. "Les racines du mal", écrites en 1995, sont d'ailleurs catégorisées cyber-polar. Par certains côté, Dantec est proche de Philip K. Dick. Notamment en ce qui concerne le rapport à la drogue et à la technologie. Le monde qu'il campe est le notre, à peine plus avancé sur le plan technologique.
La première partie de l'histoire du roman raconte celle d'un tueur en série, Andreas Schaltzmann. Son parcours, ses meurtres, les atrocités commises. Dans la deuxième partie, on se détend un peu. On rencontre le personnage central du roman, Arthur Darquandier (surnommé Dark), un chercheur en sciences cognitives qui a participé à l'élaboration d'une "neuromatrice", un autre personnage essentiel du roman. On se rend compte assez rapidement qu'Andreas Schaltzmann peut être pris en pitié, voire en sympathie, car il existe bien pire que lui...
Ce livre m'a plongé dans un état pour le moins étrange et, contrairement à ce que vous pouvez penser, ceci n'est pas un article de blog mais une véritable catharsis.
Quelques citations tirées du roman :
- "L'homme est à la fois une machine à contrôler le chaos, et un propagateur de désordre."
- "Le monde de la fin du XXè siècle est une colossale expérience darwiniste, où les conditions de survie sont dictées par une poignée de règles fondamentales. L'une d'entre elles tient en ces quelques mots : vous-devez-payer-votre-loyer-tous-les-mois."
- "[...] elles (les neuromatrices) sont faites pour nous servir, selon les bonnes vieilles lois fixées par Papa Asimov il y a déjà bien longtemps." Note de l'auteur : "Les trois lois de la robotique d'Isaac Asimov, auxquelles nous avons ajouté celle-ci : tu ne Chercheras Pas A Séduire Ou A Forniquer Avec Les Humains (il vaut mieux être prudent avec ces bon Dieu de copies de cerveaux humains)."
Est-ce que je le conseille ? Je ne saurais dire... C'est très bien écrit, très prenant... Ayez le coeur bien accroché en tout cas.
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Le site officiel de Maurice G. Dantec.
Dantec sur wikipédia.
04 avril 2007
Insultes du capitaine Haddock
Wikipédia dédie une page à la liste des insultes du capitaine Haddock ! On y retrouve bien sûr les fameux bachi-bouzouk, tonnerre de Brest et marin d'eau douce mais il y a aussi ectoplasme, iconoclaste, malotru, marmotte, paranoïaque, pignouf, etc.
Votre préféré ?
03 avril 2007
La vérité vous rendra liVre
"La presse attendait. Elle rappelait maintenant une très grosse bête. Il allait bientôt lui donner une bonne ration de mots en pâture. Et dans quelques heures elle aurait encore faim, comme si ces mots n'avaient jamais existé. On pouvait lui donner à manger, mais jamais la rassasier."
26ème livre des annales du Disque-Monde de Terry Pratchett (page 169).
Il faut bien dire que le blog, c'est un peu pareil...







