02 avril 2009
La vie au labo : un quotidien
8h30 : J’arrive (0), je pose mes affaires, branche l’ordi portable au réseau, au courant, à la souris et à la table. Mes affaires sous clefs, la clé dans ma poche. Pas de mail. Bien. Je jette un coup d’œil à la planche phdcomics du jour, parano coucou les gens !
8h35 : Me voilà dans le labo. J’allume le bain-marie. 37°C. Il va être temps de le nettoyer, les bactéries ont mis trois mois à se rendre compte que ce n’était pas bien nocif, le sulfate de cuivre. Elles ont bien raison, on en met sur les tomates, sous forme de bouillie bordelaise… C’est parti pour la journée !
8h45 : Natacha (1) a allumé la radio. Valérie Pécresse dit que si « Sauvons la recherche » n’a pas été invité à sa petite réunion de vendredi, c’est que ce n’est pas une organisation élue par les chercheurs. Vu le nombre de chercheurs syndiqués, il vaut mieux qu’on ait quand même quelques représentants… Et on est tous avec Sauvons la recherche, aucun doute là-dessus, l’association a été montée il y a quelques années lorsque nous avions mis en place des états généraux afin de faire remonter au gouvernement nos propositions d’amélioration. En gros, moins de paperasserie, plus de postes et plus de sous pour travailler. Aujourd’hui, parce qu’on a certainement été écouté, on a un organisme en plus, pour plus de paperasserie, on veut nous donner plus de postes d’administratifs, pour plus de paperasserie en plus. Mon amie Natacha en est à sa cinquième année de « post-doc’ », terme qui désigne l’intérim de la recherche, après la thèse et avant le peut-être poste. Quant au plus de sous, c’est pas vraiment le cas. Plus de la moitié du financement de notre labo vient de demande auprès de fondations privées. Pas facile d’écrire à l’Arc (2). Mon boss passe une bonne partie de son temps à faire des demandes pour avoir des sous…
9h: Je file au 5ème, il faut
que je voie Cunégonde. Elle est responsable d’appareils mis en commun, j’ai
besoin de son aide pour une expérience. Ça dépend de son planning et c’est
bientôt les vacances scolaires… Ah, elle
est au 9 ?
9h20 : Un café !!!
9h30 : Data in english. Let’s talk about crap.
12h : Manger ? Ah non, euh, j’en ai encore pour une demi-heure, trois quarts d’heure, maxi !
12h35 : Euuuuhhhh j’ai presque terminé ! Je continue de courir pendant que les copains avec qui je partage habituellement le repas de midi, trop affamés, m’abandonnent à ma manip.
13h : Manger – boire café.
14h02 : Madame Startruc vient de revenir. Elle a des tarifs tellement siiiii intéressants à me proposer pour le consommable plastique. Étant en charge avec un de mes collègues de commander le matériel à usage unique pour la culture cellulaire du labo, je me dois de lui expliquer, très gentiment, que son concurrent Monsieur Faucon nous a fait une offre particulièrement intéressante et que… comment dire… non seulement intéressante au niveau du prix mais aussi… euh… pour un matériel de bien meilleure qualité… Je me contente de lui dire que je ne peux rien lui promettre. Elle nous avait pourtant apporté d’excellents chocolats. Monsieur Faucon nous en amènera des meilleurs. Elle s’en va dépitée. Je suis une hyène.
14h14 : Un mail dans ma boîte, des papiers sur mon bureau. On me demande de corriger un article pour les dernières modifications avant publication. Un peu de boulot et une très bonne nouvelle. Les « papiers », c’est la validation de notre travail (il faut bien qu’on produise autre chose que des déchets) et c’est des points sur les dossiers. C’est un projet terminé.
Pi-heure : Un petit tour dans la salle de culture. Manip bis. La salle est crade. De la poussière, des papiers par terre, des paillasses sales… Heureusement, demain, on a prévu un grand ménage. Non, Jean-Paul, on viendra pas le faire chez toi. Par contre, si toi tu veux participer…
16h : Arielle vient d’arriver. Elle était peut-être à la poterie ou chez le kiné, on ne sait jamais trop. Elle est au téléphone pour annuler son double abonnement à auto-moto. Elle a mis de l’eau à chauffer pour se préparer son immonde chicorée-au-lait en poudre. Leila appelle elle aussi pour commander les dragées de son mariage. Elle vient d’imprimer sa thèse, c’est relâche.
16h50 : J’emmène un article à lire avec une clope à fumer à l’extérieur. Malheureusement, les étudiants sont de sortie. Zut. Un peu comme les pigeons, ils font du bruit, se regroupent, se déplacent à peine de l’encadrure de la porte. Je vérifie instinctivement ma non-transparence corporelle et remonte vite fait.
17h : Analyse de manip devant l’ordi avec une pomme (3).
18h15 : Bataille d’eau dans les couloirs.
18h30 : Lecture d’un article au bureau.
19h34 : Discussion avec un ascenseur. Oui, il est temps de rentrer, je passe ma vie au labo, mais quand même. (4)
(1) Les prénoms ont été modifiés par soucis de… lisibilité.
(2) http://www.youtube.com/watch?v=dld8s9lgS3k
(3) ou surtout une de ces affreuses barres chocolatées de la machine.
(4) Les 10 commandements de la survie en laboratoire : (5)
Premier commandement : Tu ne feras pas de manip si tu n’as pas le temps de
les analyser. Deuxième commandement : Tu ne feras pas de manip si tu n’as pas le
temps de les organiser à l’avance. Troisième commandement : Tu ne feras pas de manip tant que tu ne
sauras pas pourquoi tu les fais. Quatrième commandement : Tu ne termineras pas plus tard que 20h, et tu
ne viendras pas le week-end, à moins d’y
être contraint à bon escient.· Cinquième commandement : Tu aideras les autres, dans ta propre
limite et te feras aider. Sixième commandement : Tu écouteras ton chef et parfois suivras ses
conseils.
(5) Le scientifique est majoritairement athée. Voire agnostique. C’est surement
tant mieux pour tous.
27 octobre 2008
La biologie du développement durable
Le développement est une branche de l'étude des Sciences de la Vie relative à la formation de novo d'un organisme à partir de la fusion de deux gamètes.
Un papa + une maman ----> un bébé
L'étude du développement comprend à peu près l'étendue de cette flèche, à l'exclusion de ce qui se passe avant la fusion des gamètes (parce que cela provoque le rire gêné des étudiants) et des moyens qu'utilise la maman pour expulser le mioche (parce que ça fait peur aux étudiantes et dégoûte les étudiants, surtout lorsque l'observation macroscopique est utilisée comme illustration).
Or donc (ni car), l'étude du développement concerne l'embryon et du comment une cellule devient un organisme complet. Contrairement à ce qu'a prétendu un dénommé Ernst Haeckel, l'embryon humain ne passe pas par tous les stades de développement des êtres inférieurs. Cela dit, on lui doit aussi les premières versions pseudo-scientifiques de la théorie de la race pure...
Bref, ce développement met en place une série de transformations comprenant l'expression spatio-temporelle de certains gènes essentiels. Grâce à la mouche du vinaigre, Drosophilia melanogaster, et au petit ver Caenorhabditis elegans, nous connaissons aujourd'hui beaucoup de choses sur ces événements. Les sciences qui se rapprochent le plus de celle du développement sont la phylogénie et la tératologie, autrement dit les comparaisons entre espèces et la science des monstres.
Le développement n'est pas pérenne, il prend tout au plus 9 mois chez l'humain, 11 pour l'éléphant, 8 pour le gnou et 0,75 pour la souris. Comptez, grosso modo, que plus le mammifère est gros, plus ça prend de temps (ce qui place l'humain après le gnou).
Alors, et nous en arrivons au propos de cet article, comment rendre ce développement plus durable ?
Il semblerait que, chez Homo sapiens, la durée de gestation est déjà raccourcie du fait de la non-correspondance entre le diamètre du crâne d'un bébé humain virtuellement à terme (environ 11 mois il paraît) et le diamètre formé par les os du bassin de la mère, cette idiote s'étant mise debout au cours de l'évolution.
La première chose que nous pouvons suggérer est un retour pour l'espèce humaine à la locomotion quadrupède, ce qui permettra, d'ici quelques milliers de générations, un élargissement du bassin des femelles.
L'élément corollaire est une diminution du diamètre du crâne. Certaines preuves de cette diminution, par défaut d'utilisation, nous parviennent dès à présent, ce qui pourrait donner raison à Lamarck sur l'hérédité des caractères acquis.
Un autre moyen de rendre ce développement durable est de le ralentir.
La réfrigération fonctionne chez les amphibiens en ralentissant leurs fonctions métaboliques. Afin de pouvoir soumettre un humain gestant au froid sans risquer la mort ou l'abimâge du sujet, il semble pertinent de trouver les gènes amphibiens responsables de la gestion du froid et de les transférer chez l'Homme. Cette technique n'est pas au point actuellement.
Pour effectuer un ralentissement du développement, il pourrait également être intéressant de dissocier l'individu gestant de l'individu en gestation par un procédé, qui n'existe pas encore, d'avortement non abortif suivi d'une gestation artificielle ralentie. Comme vous l'imaginez, cette technique n'existe elle non plus pas encore.
Lorsque nous pensons développement durable, nous ne sommes pas loin de penser au développement éternel (l'Homme étant à la fois si prévisible et si... optimiste).
Je me permets d'arrêter tout de suite ces idées insensées. Car, si l'homme était éternel, il n'y aurait aucun besoin de nouveaux individus. La procréation n'existe que parce que nous sommes mortels (c'est une théorie en cours, aussi plaisante qu'invérifiable). Qui dit procréation dit relations sexuelles, plaisir et sexe (stoppons là la liste de ce que cela nous évoque). Donc : vous aimeriez vraiment être éternels et asexués ?
Le développement durable, c'est aussi envisager une gestion malthusienne de la population : un renouvellement sans excès, ou une diminution. Comme pour les fonctionnaires, tous ceux qui partent à la retraite ne seront pas systématiquement remplacés. Alors c'est deux mômes par adulte, pas plus, comme les chinois. Si l'on considère que l'on continue à s'en occuper jusqu'à leur indépendance et qu'il y a peu de maladies infantiles mortelles. Sinon, bien évidemment, il en faut plus au départ. Par exemple, si vous souhaitez concevoir trois enfants, ne pas les vacciner est une excellent tactique.
Pour faire moins d'enfants que ce que la généreuse nature nous proposait de faire au départ, je ne peux que trop vous conseiller de découpler complètement l'acte sexuel de l'acte de procréation. Pour cela, en plus des méthodes de contraception classiques, la fornication entre espèces est une bonne option de coït stérile. Attention toutefois de ne pas choisir une espèce trop proche de la vôtre, une chimère est si vite arrivée ! Regardez la jument et l'âne, par exemple...
La chèvre et le gnou sont des animaux de choix mais vous serez tout à fait capable de trouver vous même ce qui vous convient.
En conclusion, position quadrupède, lobotomie, réfrigération, gestation artificielle, non-vaccination et fornication inter-espèces sont les solutions proposées aujourd'hui ou demain par la biologie, pour un développement plus durable.
Merci de votre attention.
NB : Tout ça parce que j'ai un jour commandé sur internet un livre d'occasion intitulé 'la biologie du développement' et que je me suis retrouvée avec un livre traitant du développement durable...
03 février 2008
Le sommeil du poil du cancer du monstre (1)
Parmi les éléments fondateurs de ma passion pour la biologie, se trouve l'encyclopédie Universalis de mes parents (édition 1980) que je feuilletais à loisir étant petite, toute joyeuse que j'étais de pouvoir y comprendre des mots (2).
Un jour que je compulsais le volume 15, je suis tombée sur le cul et sur la page 940, à tératologie. Mes premières notions de grec ancien m'auraient dit qu'il s'agissait de la science des monstres mais sur le moment, ce sont surtout les photos en noir et blanc qui m'ont hurlé à la figure. J'y ai vu des embryons humanoïdes et formolés, des bébés à l'évidence morts et ayant l'air d'avoir subi auparavant les essais des pires chirurgiens plasticiens en apprentissage.
On y trouve les dicéphales, les acardiaques, les siréniens... Un exemple pas trop gore, c'est-à-dire, après élimination des chairs par bouillage dans l'eau additionnée d'acide ou de soude (3) :
Je ne m'en suis jamais remise mais, pour éviter les cauchemars, il me fallut creuser le sujet, en évitant la pelle. J'appris donc comment les organismes se développaient, comment ils se développaient mal et tout ce genre de choses. J'en arrivais ainsi à un aspect plus précis, plus déshumanisé de ce sujet.
Comme les biologistes aujourd'hui travaillent sur le cancer (4), j'en suis venue à entendre parler de tératome. Un tératome, c'est une tumeur, le plus souvent bénigne, qui se produit chez l'embryon ou dans les gonades (6). C'est un genre de tumeur qualifié de "monstrueuse" puisqu'elle est composée de divers types de cellules : cellules musculaires, cellules osseuses, etc. Et peut même former de véritables (bien que non fonctionnels) membres, dents et poils (7).
Sympa, non ?
Quant au gluon du poil, force est de constater sa brutale inexistence. En revanche, il faudrait que je vous parle du bulge qu'est le centre des cellules souches du poil mais ceci fera l'objet d'un autre texte.
Notes :
(1) voici ce qui arrive quand on hésite sur le titre, coucou Enki.
(2) quel laisser-aller dans l'éducation, franchement. Dire que j'aurais pu être pom-pom girl.
(3) Par ce subtil subterfuge, j'espère que les curieux apprécieront un sujet qui pourrait n'intéresser que les biologistes. Le gore, d'ailleurs, est tout relatif : une souris ouverte, c'est très joli.
(4) c'est comme ça qu'on peut avoir quelques sous pour travailler, même si il est difficile d'écrire à l'Arc (5). Demain, nous travaillerons tous sur Alzheimer (il est temps de commencer à apprendre comment ça s'écrit).
(5) appelez ça du comique de répétition si ça vous fait plaisir. Parce que sinon, c'est vrai et j'aime bien les Nuls.
(6) filles, je vous engage à employer l'expression *ça me casse les gonades !*. Outre le fait que c'est vachement plus classe, c'est physiologiquement correct.
(7) voyez, on y arrive.
More freaks?
Si vous voyez ce texte ailleurs, c'est normal. Mais l'exclu est ici. ;)
11 septembre 2007
ça y est...
... j'ai zigouillé ma première souris. La première souris de ma vie. La première fois d'une longue série de fois. Elle était très jolie[1] et pas très grande, six semaines, tout au plus, une souris adolescente, quoi. Et puis femelle. C'est important de le dire parce que, que ce soit un monsieur ou une madame, on dit souris. Une souris et un souriceau, oui, même si la première est un mâle et le deuxième une femelle. C'est comme ça, comme on peut dire une couille et un sein, voyez ?
Comme je vous le disais ici, il existe pas mal de méthodes d'euthanasie. En général, surtout si on ne l'a jamais fait, on fait comme les gens du labo qui savent. Donc, ce fut par dislocation cervicale. ça veut dire qu'on lui casse les vertèbres, un peu comme le coup du lapin sur un cou de souris... On coince la tête avec la lame plate d'une pince ou d'une paire de ciseaux (non, on ne la leur coupe pas, même si on veut les engager à trouver la voie), on a fait en sorte aussi qu'elles accrochent leurs pattes avant et puis on leur tient la queue et on tire. Pas un coup sec, surtout avec les plus petites bestioles parce qu'il y a le risque de se trouver avec une souris sans queue, pas morte du tout et super stressée... Fermement, jusqu'à ce que ça fasse *CRAC*. Il faut regarder la souris tout le temps, et s'occuper de sa souffrance à elle et pas de ses émotions à soi...
Alors pour la mienne de souris que j'ai zigouillé, j'ai respiré un grand coup, eu un petit remerciement pour la bestiole (j'ai vu ça dans un film avec des indiens) et j'y suis allée... Déjà, j'ai eu du mal à lui maintenir le cou mais j'ai finalement réussi. Ensuite, ça a bien fait *crac* mais pas assez... Elle était déjà paralysée et ne ressentait pas de douleur, c'était déjà ça. Mon chef a refait la manip : il en manquait une, de vertèbre... COUIIIIIII... Voilà. Dead, morte, finito...
Sauf que bien sûr, il reste les réflexes. Et puis parfois le cœur qui bat encore à l'intérieur, comme j'ai eu la désagréable surprise de le constater. Même si elle est belle (la beauté intérieure) et bien morte, qu'elle vous a fait pipi et caca sur la blouse et qu'elle a les intestins d'un côté et les poumons collapsés de l'autre.
En tout cas, cette souris-là, à part le fait d'être morte, l'autopsie a dit qu'elle était en parfaite santé !
[1] C'était une C57BL6, pas comme les tellement classiques BALBc (les blanches).
03 mai 2007
Gunnera manicata
Il s'agit de rhubarbe géante, encore appelée gunnère du Brésil et on ne fait pas de confiture de celle-ci. Pour en savoir plus.
Photos prises à l'occasion de la visite du parc de Procé à Nantes.
24 avril 2007
Spore
Non, aucune faute d'orthographe dans le titre, il s'agit effectivement non pas de baballe, mais bien de graine ! Vous avez toujours rêvé d'être l'Evolution / Dieu / le Hasard / ma mère (rayez les mentions inutiles) ?
Vous n'avez jamais pu choisir entre Tétris et Civilisation ? Ce jeu est pour vous !
Votre mission : faire survivre et faire évoluer une créature du stade microscopique jusqu'à la conquête de l'espace.
ça commence comme un pacman en deux dimensions dans le premier bouillon de culture : votre bestiole est au centre de la chaîne alimentaire, vous devez faire en sorte qu'elle mange plus qu'elle se fait manger.
A chaque niveau, vous pouvez choisir votre tournant évolutif (*): nombre de pattes, écailles, plumes, armes... le choix est immense !
Viens ensuite la terre ferme. Le jeu passe en 3D. Quelle que soit l'allure de votre bébête, l'animation rend ses mouvements très réalistes ! Elle devra ici être capable de fuir ses prédateurs, de chasser et de s'accoupler. Bref, les fondamentaux : manger / ne pas se faire manger / perpétuer l'espèce.
Ensuite, au stade "tribal", les bestioles s'assemblent en un troupeau que vous devrez gérer : vous devenez apte à fournir des éléments extérieurs et observez leurs réactions devant le feu, la musique, etc.
On arrive alors dans un environnement de jeu de stratégie et de développement des populations : c'est l'âge de l'empire de la spore. Vos protégés deviennent intelligents. Et à quoi sert l'intelligence ? A développer des stratégies guerrières et à partir à la conquête de l'espace, évidemment !
Ce jeu est développé par Will Wright, le créateur des Sims et il faudra attendre le troisième trimestre 2007 pour y jouer...
(*) Comme quoi, tous les américains ne sont pas créationistes !
La vidéo complète de démo :
Liens : le site officiel du jeu, l'article relatif sur wikipédia en anglais.
23 avril 2007
Mice killer
Si tout va bien, dans quelques mois je serai amenée à tuer des souris. "A researcher got to do what he got to do"... J'essaye de me préparer à cette tâche.
Tout d'abord, voici les méthodes chimiques utilisées pour se débarrasser des rongeurs : les poisons foudroyants (à base d'alpha-Napthyl thiourée) ou, de plus en plus employés, les anticoagulants. J'ai également trouvé une méthode "à l'ancienne" assez glauque : il s'agit de laisser à portée des rongeurs une assiette recouverte de plâtre et d'une fine couche de farine ainsi qu'un bol d'eau. Devinez ce que cela peut donner dans un estomac...
Pour les animaux de laboratoires, le maître-mot est "humanitaire". C'est en effet ce que préconise une recommandation européenne (*): "les animaux doivent être sacrifiés selon une méthode humanitaire".
Le dictionnaire m'affirme qu'humanitaire signifie : A). Qui concerne l'humanité. B). Qui s'attache à soulager l'humanité souffrante, à venir en aide aux hommes dans le besoin, dans la détresse. Il s'agit très probablement d'une mauvaise traduction de "humane", qui aurait un sens se rapprochant plus de bienveillant.
Pour qu'une méthode soit jugée "acceptable", elle doit satisfaire certains critères :
- l'aspect humanitaire :
1) La mort doit survenir sans signe de panique, de douleur ou de détresse,
2) Il doit y avoir perte de connaissance dans les plus brefs délais,
3) La méthode doit être sure et reproductible,
4) La sécurité des personnels doit être assurée,
5) Elle doit produire le minimum d'effets physiologiques et psychologiques sur l'animal,
6) Elle doit être conforme aux exigences et aux buts de l'étude,
7) Elle doit produire un minimum d'effets émotifs sur l'observateur et sur le personnel qui effectue l'euthanasie,
8) Elle doit avoir un impact minimum sur le milieu ou sur l'écologie,
9) L'équipement doit être simple, peu coûteux et facile à entretenir,
10) Le lieu ou se pratique l'euthanasie doit être éloigné et séparé des locaux d'hébergement des animaux.
- la pertinence (compatibilité avec l'étude).
- l'efficacité, c'est-à-dire la rapidité d'action, la fiabilité et l'irréversibilité (!).
- la sécurité (pour le personnel et pour l'environnement).
- la légalité.
- l'esthétique. Oui, l'esthétique ! En réalité, ceci suggère essentiellement l'acceptabilité de la méthode d'euthanasie par le personnel qui aura à son tour la charge de la manier. On ne doit pas trouver ça "crade". Il est en effet souligné que de nombreuses méthodes physiques, dont la décapitation, bien qu'efficaces et "humanitaires" ne sont pas esthétiques...
Concernant le personnel chargé de l'euthanasie, le cours(**) recommande de "tenir compte, en plus de la technicité de la personne concernée, de son équilibre mental, à la fois pour la bonne application des principes humanitaires, et pour ne pas induire chez elle de difficultés psychologiques."
Le classement des méthodes d'euthanasie des rongeurs
Que la mort-aux-rats m'accompagne !
COUUIII !
(*) Le texte en français et en anglais.
(**) J'ai pu récupérer (merci Mimi) une partie du cours "expérimentation animale, niveau 1" concernant l'euthanasie. L'ensemble est tiré du rapport effectué pour la commission européenne DG XI.
Des liens :
http://www.cnrs.fr/infoslabos/reglementation/euthanasie.htm
http://www.biol.ucl.ac.be/ethiqueanimale/UCL_anesth_euth_V1.htm
http://www.vet-lyon.fr/ens/expa/cours/douleur/euthanasie.html
11 avril 2007
Du sang universel ?
Vous avez sûrement entendu parler de ça ! A la vue du
reportage du journal de France 2, j'étais fort dépitée. Le commentaire
expliquait à peine le système des groupes sanguins et ne faisait
quasiment que reprendre le titre de l'article. Sur le site de BBC news,
une info un peu plus développée mais j'étais toujours sur ma faim.
J'avais plein de questions en tête !
Avant de vous les faire partager, un rappel de la nouvelle : un
consortium de chercheurs de quatre pays différents vient de publier un
article (1) dans le numéro du mois d'avril du très coté Nature Biotechnology.
Le sujet ? Un protocole expérimental permettant de transformer des
hématies de groupes A, B ou AB en O. Ce n'est pas le premier du genre
mais celui-ci semble réalisable. Pour comprendre comment cela est
possible, il me faut expliquer ce que sont ces fameux groupes : la
surface des hématies porte des molécules particulières appelées
antigènes A, B ou H. Si un individu porte les antigènes A et B, il est
de groupe AB, s'il s'agit de l'antigène H, il est du groupe O. En
réalité, l'antigène H est porté par toutes les hématies. Sur cette
molécule est ajoutée un groupement D-galactose (Gal), cela formera un
antigène B ou alors un autre groupement chimique, le
N-acétyl-D-Galactosamine (GalNAc), formant ainsi l'antigène A. Rien
n'est ajouté sur les hématies du groupe O (O vient de l'allemand Ohne =
sans). Si l'on arrive à oter le groupement GalNAc des hématies du
groupe A, on en fait des hématies du groupe O !
Quel est l'intérêt de cette transformation ? Les transfusions sanguines
sont généralement faites entre individus de même groupe sanguin. En cas
d'incompatibilité transfusionnelle, il se produit chez le receveur une
réaction appelée hémolyse intravasculaire aiguë, qui est mortelle si on
ne traite pas immédiatement le patient. Le protocole de transformation
est intéressant, parce que le sang de groupe O est toujours très
demandé (il est évidemment utilisé en priorité en cas d'urgence). Cela
permettrait notamment de résoudre des problèmes de gestion des stocks
de sang.
Pour en arriver aux travaux de Liu et ses collaborateurs : quels sont
les avantages de leur protocole expérimental par rapport aux précédents
?
- Ils ont mis en évidence deux nouvelles familles d'enzymes permettant
de couper les groupements Gal et GalNAc, qu'ils ont isolé de bactéries.
- Ces enzymes sont très spécifiques des antigènes A ou B et n'iront donc pas couper aléatoirement autre chose.
- La réaction enzymatique est réalisable en 1h à un pH proche du pH
normal du sang, ce qui fait que les hématies ne subissent pas de
dommage.
- Les enzymes peuvent être éliminées par simple lavage des hématies.
Une question reste pour moi en suspend : si les différentes techniques
qu'ils emploient assurent que la transformation est complète, que se
passera-t-il dans l'organisme du receveur de la transfusion ? Est-ce
que quelques hématies non encore transformées ne risqueraient pas de
provoquer un choc hémolytique ? Ou une sensibilisation qui se
révèlerait au cours d'une transfusion suivante ? Cette méthode est
applicable, mais il existe de nombreuses difficultés d'adaptation. Tout
d'abord, tester ce "sang modifié" afin de vérifier son innocuité puis
définir un protocole qui pourra être appliqué en masse par les centres
de transfusion.
N'empêche, si ça marche, c'est révolutionnaire !
(1) Liu QP et al., Nat Biotechnol. 2007 Apr 1, Bacterial glycosidases for the production of universal red blood cells.
09 avril 2007
Des petits dindons
Le dindon est un animal de la famille des Phasianidae, dans l'ordre les Galliformes, appartenant au genre Meleagridinae.
Vous avez tous le souvenir d'avoir déjà vu la bestiole adulte, laide à faire peur, poussant des cris à rendre sourds, bref, une horreur. Pour les plus urbains d'entre vous (ce terme n'est pas à entendre comme "poli" dans le cas présent), voici une photo de la bête en question. Nous l'appellerons "le papa dindon" :
Figurez-vous que cet animal atroce produit des petits franchement beaux(*), voyez plutôt :
Ces petits feront les joies de leurs propriétaires, joies notamment gustatives quand ils auront grandis. Merci à Wawaa pour les photos. Notez que toute ressemblance avec des dindons existants vivant dans le Gers est possible.
(*) La plupart des petits sont beaux, d'ailleurs, n'augurez rien de la beauté future de votre progéniture humaine...
25 mars 2007
Les Shadoks
J'ai légué à mon ancien labo mes cartes postales des Shadoks, parce qu'elles appartiennent à ce lieu ! Voici une de mes préférées (quelle philosophie !) :
Les shadoks sur Wikipédia et leur site officiel.



















