30 septembre 2008
4,2 idées pour éduquer son chat.
Ca fait un bout de temps que les hommes ont des histoires avec les chats. Pour plusieurs raisons : la première c'est que les chats sont super doués pour minauder et qu'ils sont trop choupi-mimi-kawaï-t'as-pas-vu-sa-p'tite-bouille-?, et que ça ça plaît aux filles. Et si ça plaît aux filles on est obligé de les accepter, tout comme les plantes vertes et la double penderie remplie de robes, le placard de chaussures assorties aux robes et l'armoire de sacs à main assortis aux chaussures. Une autre raison, c'est que les chats nous ressemblent quand même sacrément : roublards, vaniteux, m'a-tu-vu, sans-gêne, gourmands, paresseux, ils symbolisent un peu tout ce qu'on aimerait être si on nous en laissait le choix. Et afficher aussi ostensiblement son indifférence envers le monde et son assurance qu'on pourra bouffer et dormir au chaud sans rien faire pour le mériter ça force toujours un peu le respect(1).
Mais bon, le truc c'est qu'avoir un chat chez soi, c'est un peu s'exposer à des emmerdes : il va prendre un malin plaisir à ruiner votre petit chez-vous et à afficher un air innocent quand vous le lui ferez remarquer. C'est pourquoi il faut dès le début montrer la plus grande fermeté. Voici quelques conseils pour débuter :
1. Apprenez lui à ne pas miauler pour un rien.
Si vous écoutiez votre chat, vous ne comprendriez pas forcément ce
qu'il veut parce que mine de rien on ne parle pas le même langage. Mais
je veux dire si vous obéissiez à tous ses ordres, vous n'en verriez jamais le bout. Parce qu'un chat ça veut toujours plein de trucs : par exemple ça veut qu'on lui ouvre la fenêtre pour qu'il puisse mieux admirer la neige qui tombe. Là, installé dans le petit courant d'air frais, il pourra profiter à loisir de ce merveilleux spectacle pendant qu'il travaillera l'air détaché qu'il lui faudra aborder quand vous comprendrez enfin qu'il n'a nulle intention de sortir. Il ne faut donc pas céder à tous ses caprices. Pour cela instaurez le dialogue : avec le chat de ma mère cela passe par une compréhension mutuelle : il a compris que quand je lui mettais un coup de pied au cul accompagné de mots d'encouragement tels que "bouge de la sac à puces", cela signifiait qu'il devait sortir, ce en quoi il était d'ailleurs bien aidé par mon pied.
2. Apprenez lui à ne pas trop manger.
Parmi les choses que les chats vont le plus réclamer, il y a la nourriture. Si vous écoutiez votre chat(2), il mangerait toute la journée. Or c'est un peu ruineux d'avoir un chat qui mange tout le temps, parce qu'après en plus il faut lui payer le véto pour le suivi de son poids et des cours de fitness. Encore une fois la solution passe par le dialogue. Pour le chat de Gima, je crois qu'il a été convaincu par l'argumentaire que je lui ai fait sur les pauvres petits chatons d'Afrique qui n'ont rien à manger(3).
3. Apprenez lui à faire ses besoins là où il faut.
Un chat bien éduqué peut apprendre à faire ses besoins dans les toilettes, sans doute mieux que moi même sans doute (mais ça c'est le même problème que quand on prend un gourdin pour assommer une mouche, tout est question de proportions(4)). Ceci dit, le problème avec cette technique, c'est que ça peut vite vous couter cher, les chats ayant ce don pour détourner les outils que nous mettons à leur disposition(5). On peut également se résoudre à leur acheter une litière, mais outre les odeurs et la litière qui traine partout dans l'appartement, ça demande un entretien régulier et donc du boulot, alors que ce feignant de chat va vous regarder d'un air goguenard et se précipiter sur sa caisse à peine changée pour être sûr que vous ne profitiez pas de la pause olfactive. C'est pourquoi il faut se résoudre... J'attends... Oui, au dialogue(6) ! Arrangez vous avec votre chat pour qu'il fasse ses besoins dehors, un bon coup de pied au cul devrait vaincre ses éventuelle réticences à sortir et l'encourager à prendre de bonnes habitudes. En plus, combiné avec un appartement au 4e étage c'est un moyen discret mais sûr de réduire le taux de présence du chat chez vous sans que votre copine vous considère comme coupable (faites attention à ne pas vous faire voir quand même).
4. Apprenez lui à réfréner ses pulsions sexuelles.
Les chats, c'est un peu tous des grosses chaudasses. J'veux dire, vous avez déjà entendu une chatte au moment de ses chaleurs ? Et que ça couine à n'en plus finir, et que ça prend des poses lascives... Mais en plus d'être carrément obscènes, ces sales bêtes ont quand même une sexualité complètement dévoyée ! Elle viennent voir si elles arriveront à nous tenter, nous agitent leurs croupions sous le nez en se frottant lascivement sur la moquette... J'veux dire, est-ce qu'on couche avec des animaux nous ? (7) Alors pourquoi ils veulent se faire des humains eux ?
En plus avec leur petit côté dominateur/sadique on est sûr qu'on va se faire mordre ou griffer au passage (enfin j'ai pas essayé hein, j'extrapole).
Et pire que tout : les chats sont de gros scatophiles ! Vous n'avez jamais remarqué ? Il suffit d'être aux toilettes pour que minou débarque et se frotte langoureusement contre vos jambes en ronronnant frénétiquement. Rien que l'odeur de la merde semble les mettre en transe. Et dire qu'ils ont plus d'odorat que nous... Je ne veux pas y penser.
Alors pour ça, il faut très vite avoir une position très claire, et surtout il faut DIA-LO-GUER. Un bon moyen de dialoguer avec une chatte en chaleur serait par exemple cette méthode ancestrale utilisée depuis toujours quand des attaques hormonales vous menacent : la douche froide. C'est un argument auquel se rendent la plupart des chats, si le votre ne le comprend pas je vous souhaite d'habiter au 4e étage pour que la solution suggérée dans l'idée n°3 puisse vous secourir.
4,2. Planquez vos instruments de musique.
Ce conseil ne s'applique qu'à une minorité de gens, puisque monsieur tout-le-monde n'a pas d'instrument chez lui, et en général son voisin non plus. Mais pour ceux qui en ont, planquez les quand votre chat est dans le coin, sinon vous riquez de ne plus pouvoir dormir devant la soif d'apprendre de votre mignon petit compagnon. Jugez plutôt sur cette vidéo.
(1) Même pour Bernard Tapie ça marche, et pourtant il est pas choupi lui.
(2) Bon, on va pas la refaire hein ?
(3) Ainsi que par ma menace de l'abandonner à Djibouti. Il n'aime pas les pays trop chauds.
(4) ♫♪...(`. ` )
(5) Je sais que vous l'avez déjà vu 200 fois, mais caser cette vidéo me permet de gagner facile une ligne de propa et de faire croire que j'ai bossé dessus.
(6) Bravo à notre petit lecteur de Carpentras pour sa bonne réponse.
(7) Enfin en dehors d'un ou deux par ci par là, mais vite fait quoi ? Pas des animaux qu'on connait en tous cas, sinon ça pourrait briser notre relation d'amitié.
23 septembre 2008
Le retour du retour de Gérard Lambert
L'autre jour j'ai participé à un petit concours sur un site communautaire ; il s'agissait d'écrire une deuxième suite aux aventures de Gérard Lambert, le héros maudit de Renaud. Les conditions étaient les suivantes (je recopie le texte du concours) :
-la rime
-une ambiance sordide
-les aventures de Lambert ont débutées en 1977, vous pouvez lui faire
vivre ses aventures en 2008 ou à n'importe quelle date de votre choix
-faites lui rencontrer un personnage rappelant un conte de votre tendre
enfance, tel le petit prince de mes deux, ou le petit chaperon rouge.
-vous êtes invités à ajouter une morale à votre chanson.
Voici ma bafouille, avec l'aide de Benoît qui m'a suggéré la "turne" pour que le rythme ne soit pas bousillé.
Il fait un peu brumeux dans les rues de Rungis,
Gérard Lambert s'sent mieux, avec son nouveau 8 6
Lui reste plus qu'à braquer la caisse d'un abruti,
Et il pourra partir faire le con à Paris.
Tiens voilà un allemand qui s'ramène en mercos,
Est-ce qu'il y pète les dents ? Ou lui met une bastos ?
Finalement il décide de le garder comme taxi,
Pour mieux jouer aux caïds comme dans les affranchis.
Manque de bol l'étranger n'connait pas la région,
Et il est trop flippé pour ne pas jouer au con.
Quand un gamin traverse pile en dehors des clous
Il emboutit la caisse et prend ses jambes à son cou
Laissant dans la voiture le Gérard étalé
Heureusement sans cassures, mais un p'tit peu sonné.
L'gamin vient l'réveiller, en y foutant des coups d'bottes
Et il s'met à piailler "vas y lèves toi mon pote"
"Mes frangins sont coincés dans la turn' d'un géant,
Faut qu'tu m'aides à l'buter avant qu'il s'les mette sous la dent.
Toi t'as une tête de fou, tu éclatera c'gros con.
J'ai semé des cailloux pour r'trouver sa maison."
Le Lambert est sympa, mais il faut pas pousser,
Il aime pas les p'tits gars qui voudraient en profiter
Il enferma l'gamin dans l'coffre de la bagnole
Et repris son chemin pour s'trouver un peu d'gnôle.
Faut pas frapper Gérard Lambert quand il n'est pas attaché,
C'est la morale de cette histoire, j'espère qu'vous la r'tiendrez.
13 septembre 2008
Dessin de femme en super-héros un peu musclé
Ici une liste de quelques recherches google qui mènent à ce blog. Et si je les écris, elles risques de revenir, oui, mais Google est mon ami et je n'ai pas peur de ceux qui cherchent :
- un "dessin de femme en super-héros un peu musclé"
- une "libellule poutre"
- des "héros gays"
- "c quoi le déterminisme social"
- ou encore le "régime alimentaire de la moufette"
J'avoue être particulièrement étonnée de ceux-ci :
"o"organes sexuels" légume"
et surtout... "légume mange organes sexuels"...
4,2 idées pour fabriquer un lance-roquette
En guise d’introduction à mon propos, je tiens à vous
préciser que ce que je vais vous raconter est pour une bonne part la
faute de Germain. En effet, en vacances au Belgistan, j’ai eu
l’occasion de passer du temps, rigoler, boire et manger avec l’animal.
Que ceux qui ne l’ont pas encore fait lui envoient des fleurs (de
courgette).
Tout d’abord, la 0,2ème idée qui conditionnera
la suite de dedans les idées et le légume considéré est la suivante :
de feuilles de roquette fraîche vous ferez une boule verte, qui n’aura
de ressemblance avec le petit pois que cette appellation. Car s’il est
vrai qu’il est plus facile à une roquette pliée de passer par le chas
d’une aiguille qu’à des riches d’entrer dans un lance-roquette, la
technique n’est pourtant pas simple. (Notez que vous aurez
préalablement pris soin de demander de la roquette pliable à votre
maraîcher.)
L’opération vous permettra de poser l’équation ci-dessous :
n Roquette ---> n Roquette pliée + d jus de roquette
Catalyseur : main humaine (1)
d n’étant négligeable que pour une faible quantité n, dont la fourchette varie entre la table et le tiroir de la cuisine.
Des jus de roquette, vous pourrez réaliser, afin de surprendre vos amis, un excellent baume pour leurs pieds, tandis qu’ils mangeront leurs chaussettes. Ainsi pliée, votre roquette est prête à être lancée. N’attendez pas trop longtemps, la roquette se fane comme celles de la carotte. D’autre part, si le vin tiré doit être bu, la roquette pliée doit être mangée, lancée ou servir de base à un pesto ou encore orner agréablement votre chambre à coucher. Il s’agit désormais de trouver le (2) lance qui conviendra. Pour cela, quatre possibilités s’offrent à vous. Nous exclurons de cet exposé tout engin guerrier, la roquette, comme chacun sait, n’étant pas métallique.
Le premier outil que vous pouvez utiliser est rare dans la cuisine de ceux qui sont capables d’acheter de la roquette. Néanmoins, un accident étant si vite arrivé, je vous prie de bien vouloir considérer le poly-spaghetti.
Le poly-spaghetti est au spaghetti ce que les siamois sont aux jumeaux.
Une cuisson mal adaptée, un environnement défavorable, un feu non
surveillé ou encore une erreur de développement et c’est le drame.
Pas d’inquiétude, nous trouvons ici de quoi recycler le poly-spaghetti
(le recyclage du siamois est également possible mais soumis à la loi.
Nous attendrons la jurisprudence pour vous en parler).
Donc, vous formerez avec votre poly-spaghetti froid une jolie fronde,
au creux de laquelle vous placerez votre roquette. Visez un ami, hop !
Le tour est joué !
Le deuxième outil que je vous propose est un
clin d’œil à nos amis basques (3). Armez-vous d’une aubergine massue,
voire gourdinesque. Coupez-la en deux, retirez la chair dont vous ferez
un caviar ou une boule puante, à votre convenance. Observez le légume
ainsi dépouillé : ne ressemble-t-il pas comme deux gouttes d’eau à une
massue coupée en deux et évidée ? Notez par ailleurs que, contrairement
à la massue, une simple cuillère, même pas affûtée, suffit.
Intermède culturel.
La pelote basque est un sport se pratiquant sur des aires de jeu
appelées cancha, qui sont composées d'une surface jouable au sol
délimitée par des lignes blanches, et d'au moins un mur de face de
taille variable communément appelé fronton. On appelle pelote la balle
utilisée. La chistera, l’un des instruments de frappe, est une corbeille en osier permettant d'attraper la pelote et de la renvoyer.
Pour réaliser un lance-roquette par ce moyen, armez votre
aubergine-chistera de la roquette. Faites partir votre bras de loin,
visez un ami, voilà ! C’est réussi !
Le troisième lance-roquette pourra être réalisé
en utilisant une carotte ou un tronçon de carotte, de diamètre
relativement constant et toujours légèrement supérieur à celui de votre
boule de roquette. Attention !! Ne cuisez pas la carotte !!
En revanche (je vous donne ici le truc du praticien), vous pouvez faire
saisir la roquette au congélateur quelques minutes pour plus de
commodité (4).
Vous devrez creuser une carotte dans la carotte. Je vous suggère
d’utiliser à cette fin un neveu ou tout autre marmot dont la passion
primitive pour les dinosaures aura été habillement détournée au profit
de la réalisation de carottes de glace. Attention toutefois à votre
congélateur, qui vous est utile à la réalisation du but que nous nous
sommes fixé.
Admirez alors la carotte évidée, récompensez votre neveu d’un radis
dont vous n’avez plus l’usage et le tour est joué, vous possédez
maintenant une très belle sarbacane lance-roquette. Visez un ami, hop !
Pour terminer, voici une quatrième idée de
lance-roquette. Il est d’habitude relativement difficile de bien
choisir un melon. On nous dit qu’il faut lui sentir la base afin de
déterminer son degré de maturité, voire de lui tripoter certaines
parties. Ici, je vous propose une méthode aisée de non-choix de melon.
Chez votre maraîcher préféré (qui vous aura déjà vendu la roquette),
allez chercher un melon, n’importe lequel. S’il vous demande
pour quand vous le voulez, ou pour quel usage, vous n’aurez qu’à lui
avouer qu’il s’agit de la réalisation d’un lance-roquette. Il évitera
surement à l’avenir de vous poser de telles questions indiscrètes.
Coupez votre melon en morceaux. La nature étant bien faite (5), il vous
suffira de couper selon les traits. Notez que votre compost apprécie
bien plus les pépins que vous et mangez la chair.
Vous êtes désormais en possession d’un merveilleux balancier
lance-roquette. Placez une boule de roquette à une extrémité
(attention, pas l’autre), visez un ami, appuyez sur la deuxième
extrémité et hop !
Profitez bien de ces quelques conseils, visez un ami et hop !
(1) oui, car toute réaction se produit en l’absence de catalyseur même si il faut parfois des centaines de millions d’années.
(2) Comme la MORT, ce personnage est masculin.
(3) si si, nos amis. Comme les corses d’ailleurs. Souriez.
(4) et pas des toilettes supplémentaires.
(5) et l’évolution ayant prévu que les humains affectionnent la consommation du melon à plusieurs.
08 septembre 2008
Seuls au monde.
Bon, quelque part on a tous rêvé un jour de nous échouer sur une île déserte, seul avec une espèce de star du porno blonde à forte poitrine (1), et de se dire qu’on l’a rien que pour soi. Du point de vue purement fantasme, rien à redire, mais le jour où ça arrive… Ca peut être mois bien que ce que vous aviez imaginé. Illustrons ce propos par l’exemple d’un type qui a eu cette déveine, appelons le… mettons Robinson tiens. Il s’est retrouvé seul survivant d’un naufrage avec la belle… hmmm… Svetlana. Ils sont échoués sur une île super déserte que personne n’a jamais trouvé, même les satellites ils l’ont zappée, mais elle est assez grande pour qu’on y trouve plein à bouffer et de quoi faire une super belle hutte en bambou et en feuilles de palmier (2).
Au début tout se passe bien, c’est chaud sous les cocotiers, soirées coquines sur les plages de sable blanc, couchers de soleil pas romantiques parce qu’ils ont mieux à faire, bref, maximum bamboula. Mais s’ils se sont échoués, on peut supposer que Svetlana n’a pas emmené avec elle sa pilule, ni Robinson ses préservatifs, donc au bout d’un moment (le 6e mois en général), il faut arrêter les galipettes et préparer la venue du môme. Ce qui signifie agrandir la hutte, lui faire un joli petit berceau avec des mignonnes décorations en dentelle de feuille de palmier, et surtout retrouver un boulot viable pour assurer un avenir économique serein et une stabilité financière propice à l’élevage d’un mioche (3).
Il va donc lui falloir bâtir un enclos pour cette saloperie de chèvre qui le nargue depuis son arrivée sur l’île en venant bêler sous son nez et en le regardant de haut depuis son promontoire rocheux. Ca va demander au passage de trouver un moyen de la piéger dans l’enclos, parce qu’elle est maligne la bougresse. Il va aussi falloir débroussailler un peu sous ces cocotiers qui le fournissent en fruits. Trouver un moyen d’empêcher ces saloperies de crabes de monter sur les troncs pour le bombarder à l’improviste de noix de coco sous le prétexte fallacieux que sa tête est plus dure que la plage et marche mieux pour casser les noix de coco (4). Enfin il va falloir trouver un moyen de faire des colles végétales plus solides pour fabriquer des outils ménagers, et pour que la pelle ne casse pas à chaque fois qu’il essaye de vider les toilettes sèches (5).
Après des journées comme ça, on comprend bien qu’il ait besoin d’un petit verre de lait de coco fermenté, histoire de se remonter le moral. Il n’a pas de gnou sur l’île, mais sûrement que pour faire illusion il pourrait utiliser un peu de pisse de chèvre pour donner du gout à son breuvage… Mais en rentrant à la maison, cassé par sa longue journée, ça va être le début des récriminations : « Ah ! Mais tu pues encore l’alcool et la chèvre ! A croire que tu préfères ton boulot et tes bouteilles à moi ! Tu n’a qu’à aller vivre avec ta chèvre si elle te plaît tant que ça ! Tu n’es qu’un raté ! Ah, j’aurais du écouter ma pauvre mère ! Tiens c’est malin, tu as encore réveillé Kévin ! Sors donc les poubelles au lieu de rester planté là ! »
Robinson va donc devoir sortir à nouveau, fuir la colère de sa mégère et jeter les poubelles, faire le tour des plages de l’île pour relever le courrier : en général les messages dans les bouteilles ne lui sont pas destinés, mais d’une part ces bouteilles sont bien pratiques pour recueillir son alcool de coco, et d’autre part il peut réutiliser le papier du message d’appel au secours pour envoyer lui-même un message qui sera lu par le naufragé de l’île suivante (6). Il a déjà pu constater que certains messages faisaient un cycle complet et revenaient après deux ou trois mois. Ça brise la monotonie, et c'est rigolo de voir ce que les autres ont écrit, le truc c'est que c'est un peu long. Alors ça irait sûrement plus vite en envoyant les messages à dos de poisson voyageur ou de crabe, mais outre le manque de fiabilité d'un poisson dont on ne sait pas trop où il va par rapport à un courant qui lui fait toujours la même chose (7), le problème c'est quand même que le message serait trop mouillé pour être lisible à l'arrivée. Sinon on pourrait mettre le message dans une noix de coco et le confier à une hir... non, oubliez ça, c'est stupide.
Après quelques années de ce régime, avec en plus les réveils la nuit parce que Kévin a faim, parce que Kévin fait ses dents, les caprices du môme ("Taille moi un mouton en bois brut !"), les seins de sa mère qui commencent à tomber, le fait que les vêtements en poil de chèvre ça gratte gavé, la disparition mystérieuse de tout son stock d'alcool de coco tandis que Kévin semble souvent un peu patraque ces derniers temps, l'installation d'une tribu de cannibales végétariens à l'autre bout de l'île et de toute une flopée de désagréments divers et variés, vous pourrez comprendre que Robinson en a eu marre et s'est senti obligé de se faire une pirogue monoplace et de plaquer Svetlana pour tenter de rejoindre une île un peu plus calme. Voila pourquoi certains fantasmes ne doivent jamais se réaliser (8).
(1) Pour les filles (ou les gays) vous n’avez qu’à mettre Brad Pitt à la place, on ne vous en voudra pas.
(2) Fallait mieux choisir le fantasme si vous vouliez un truc plus
réaliste comme par exemple une navette spatiale en apesanteur perdue
dans l’espace avec assez de bouffe en pilule pour 10 générations et un
appareil qui génère de l’eau et de l’oxygène à partir du vide.
(3) Je ne parle même pas de ce qui est de la réservation d’un lit à la
maternité et des rendez vous avec le gynéco et la sage-femme, vous
aurez compris que ça relève de l’utopie, je vous félicite d’ailleurs de
ce début de sagacité.
(4) Enfin on le suppose hein, allez parler avec un crabe… Ils sont trop pincés pour nous adresser la parole, sales snobs !
(5) Svetlana refuse de faire ses besoins dans la mer la nuit et pendant
ses périodes de règles. Elle prétend que ça attire les requins. C’est
bien les nanas ça, toujours à chipoter pour un rien…
(6) Ou en profiter pour leur demander des conseils sur la gestion de
son couple dans cette zone reculée. Les iliens trouvent des façons
originales de réinventer les forums d’aide.
(7) Si vous doutez de la crédibilité du courant qui fait le tour de quelques îles à peine, voir (2)
(8) Tu as bien compris Gima ? Oublie cette idée de gode-ceinture...
Culture Rock
Lors de mon voyage en Irlande en août 2007, j’ai été marqué par la configuration toute particulière des champs qu’on rencontrait au bord de la route. Voici le récit d’une rencontre avec un paysan local.
Killary, petite bourgade du Connemara en Irlande. C’est ici
que la famille de Patrick O’Malley vit
depuis des générations et des générations, perpétuant la tradition familiale.
Il nous emmène aujourd’hui dans son champ pour nous parler des méthodes de
culture transmises dans sa famille depuis des millénaires maintenant.
Alors ça c’est l’grand champ, l’est plutôt plat. La terre
est bien meuble, c’est c’qu’y faut pour qu’ça pousse bien. C’est d’la
tourbière, si ça donne du goût à
, ça doit marcher aussi pour les cailloux. Le caillou
à embrasser doit être moussu et goûtu sinon personne n’en veut. Les champs
d’cailloux à embrasser c’est pas les plus faciles à écouler. Déjà c’est
exigeant comme type de pierre hein, à part dans des cas comme à Blarney, la
plupart doit être transformée en statue avant qu’on l’embrasse, faut qu’ça
résiste bien au burin, et qu’ça soit grand. Alors on doit pas mal sélectionner,
les deux tiers d’la production sont foutus à chaque récolte. La moindre p’tite
faille et c’est fini. Mais bon, comme ça s’revend cher on n’y perd pas trop
trop encore. On vend les mêmes pour les margelles d’fontaines magiques parce
qu’les gens font souvent des trucs bizarres avec les fontaines magiques… Du
temps des rois on en vendait aussi pour l’perron du trône, vu qu’les gens ils
passaient leur temps avec le nez dessus, mais maintenant ça s'fait plus, et
les gens n'viennent plus r'nifler les perrons…
Là bas là, on fait pousser les cailloux pour les cercles. Plus trop de demande pour ça maintenant. Avant on f'sait des cercles de pierre, il y avait d'la d’mande dans l’temps. J’veux dire un grand cercle de pierres dressées, c’est toujours bon pour l’tourisme, il y a plein de gens qui se déplacent pour voir ça. Mais les gens maint’nant ils veulent du tout cuit, quand on leur en propose c’est toujours « Oh bin non, on sait pas faire ça nous, faudrait qu’on trouve des cadavres momifiés pour cacher en dessous, les tumulus c’est trop d'boulot, on n’a pas les moyens d’embaucher un druide pour compéter le décor… ». Et après on a toujours des demandes du genre : « Vous auriez pas un p'tit château plutôt ? Un beau château en ruine qu’on poserait sur la falaise là. »
Pour sûr qu’j’en fais des châteaux, mais ça s’fait pas comme ça un château, des dizaines d’années d’culture avant d’en avoir un, c’est beaucoup plus long à produire. Et pourtant la terre est bonne ici hein, les cailloux poussent bien hein… Mais bon, on fait pas un caillou de 30m de haut en quelques pauvres années. Alors du coup quand on leur dit l’prix les gens ils veulent plus, ou ils repoussent la commande… Faut dire aussi qu’sur les châteaux on a la concurrence d’ces salauds d’écossais qui cassent les prix. Alors on doit brader aussi : pour un château ach’té, une tour en ruine offerte…
Alors le seul truc encore pas trop dur à écouler c’est les murets. Ca encore on en produit pas mal, parce que ça peut s’user l’muret, et les nôtres sont les meilleurs : bien droits sur des kilomètres, on passe par-d’ssus les collines, on s’arrête pas avant les r’bords de falaise, ils coupent le champs en deux parties distinctes : à droite du muret et à gauche du muret. Y a pas à s’tromper. Mais même ça la demande est en baisse. Trop de murets partout, et les champs qui s’agrandissent…
De t’tes façons ça va pas durer longtemps t’ça, le marché
commence à saturer ici, et on n’a jamais réussi à exporter. Le Japon et
vont p’têt importer un
peu pendant quelques temps, mais ils vont essayer de produire chez eux bientôt.
Oh la terre est moins bonne qu’ici, mais ça peut v’nir, ils feront importer la
terre qu’il faut. Et en Scandinavie il y a un marché mais ils n’investissent
pas trop chez nous, et ils préfèrent l’Ecosse eux aussi. Mon fils est parti
étudier à la ville, il reprendra pas l’boulot. C’est triste mais c’est comme
ça. On va revenir à des cailloux qui poussent d’façon anarchique partout, ou
alors on va s’faire bouffer par la ville. En tous cas c’est la fin du boulot
chez nous, j’trouv’rai plus un apprenti maint’nant.
Bon, ok, j’en rajoute peut être un peu, mais vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ils alignaient leurs cailloux bien droits dans leurs champs là bas ? Pourquoi ils font des murets qui passent par-dessus les crêtes montagneuses (enfin collinesques) au mépris de tout bon sens ? Moi ça me dépasse.
02 septembre 2008
Mon premier Holy Grail
Ma rencontre avec l’univers des Monty Pythons date d’il y a
vingt ans (c’est l’avantage de l’âge, tout de suite, ça impressionne).
Ma maman, professeur d’anglais, nous ramenait à la maison le
magnétoscope et les cassettes des films en VO qu’elle utilisait en
cours (plus tard, je me suis dit qu’elle devait être vachement cool,
comme prof). Le premier film dont je me souviens montrait un gars aux
cheveux blancs hirsutes, un autre, à l’air ahuri, qui faisait du
skate-board et des lybiens (1).
Le premier film des Monty Pythons, c’était Holy Grail. Je comprenais
juste rien mais je n’en pouvais plus de rire. On a eu l’occasion de
voir aussi à l’époque Citizen Kane mais là, si je ne comprenais pas
plus, ça me laissait complètement indifférente.
Les Monty Pythons, c’était du tout cuit. Pas besoin de connaître la
génétique de la noix de coco ou de savoir s’il y a un précédent
historique aux cavaliers à pieds. J’étais juste pliée en deux en voyant
un gars au trot pendant que son suivant cognait deux noix de coco l’une
contre l’autre. C’était bête et c’était drôle.
Aujourd’hui, je vous parlerais peut-être de l’absurde de manière plus
intellectuelle (quoique) mais en revenant sur ma vision du film à
l’époque, je trouvais ça seulement idiot et très rigolo.
Bon, y’avait bien quelques trucs qui m’échappaient. La scène dans le
château, par exemple. Je sentais bien que ça aurait du être plus drôle
mais il me manquait des clefs.
Ce film fut pour moi le début d’un grand amour pour la version
originale qui me permet aujourd’hui d’avoir un accent british quand je
parle anglais (cool, non ?).
Surtout, Holy Grail a été mon introduction à l’absurde, traçant pour
moi une voie qui me mènerait à Desproges, Téléchat, Terry Pratchett,
Douglas Adams et finalement, R42. D’ailleurs, pourquoi les Monty
Pythons éduquent-ils à l’absurde si ce n’est parce qu’ils ont tout
inventé (2) ?
En plus de tout ça, Holy Grail est aussi un des plus gros bides de ma
vie. Voulant faire partager mon hilarante découverte, j’invitais les
quelques amies que j’avais pu me faire au collège (3) à venir regarder
le film chez moi. Alors, à l’heure du goûter et au milieu du salon,
toute guillerette à l’idée du bon moment de rigolade qui nous
attendait, je mis la cassette dans l’appareil et pressais le bouton
lecture.
Je me marrais comme une perdue depuis un bon quart d’heure lorsque je
me rendis compte que j’étais la seule. Regardant mes condisciples, je
les vis s’échangeant des regards navrés. Toute la drôlerie du film leur
passait dessus comme… des embruns sur un k-way (4). En tout cas comme
un machin sur un truc qui n’interagit pas avec le machin, voyez ? Bref,
la taule.
Des années plus tard, Alice, une des protagonistes de cette histoire,
devint fan des Monty Pythons. Justifiant du coup le fait que ce soit la
seule avec qui j’avais gardé contact.
Pour vous aussi elle a fait mal cette première fois ?
Quel est votre souvenir de ce film ?
(1) : « The lybians !!!!! », c’était Back to the future. http://fr.youtube.com/watch?v=6FLRsDxa-mw
(2) : je soutiens Mezcal sur ce point.
(3) : un bide complet, ça, pour le coup.
(4) : à condition que ce ne soit pas en Bretagne.






